La mémoire au piano16 décembre 2008
Elle nous fait tous peur quand nous jouons du piano en public, amateurs comme professionnels, je veux bien entendu parler de la mémoire. Et oui depuis Liszt, « l’inventeur » du récital moderne, il est devenu obligatoire de se passer de la partition sur scène. Liszt avait-il conscience qu’il allait martyriser des générations de pianistes? Je ne l’espère pas, mais le résultat est là: nous devons jouer par cœur.
Pas facile, chacun a ses trucs pour mémoriser les partitions. Je reviendrai sur mes « trucs » dans un article prochain. Si tout le monde travaille différemment, nous sommes tous unanimes sur un point: ce travail est titanesque. Les non-pianistes pensent certainement qu’il s’agit d’apprendre les notes. Oui bien sûr, mais pas seulement. Il faut aussi apprendre les phrasés, les rythmes, les indications de nuances, et surtout ne rien oublier, le tout pendant 80 minutes sans possibilité d’interrompre ou de refaire. Il y a de quoi stresser, non?
Certains ont choisi une autre optique: faire réapparaître la partition dans les récitals. C’est cas de Sviatoslav Richter dans les années 80 ou plus proche de nous d’Alexandre Tharaud. La mémoire est l’élément le plus stressant du récital mais permet une liberté que je n’ai pas retrouvé lors des interprétations avec la partition. En effet, lors de ces récitals, la partition m’avait presque gênée m’attirant l’oeil alors que je n’avais pas besoin de la regarder.
Jouer de mémoire nous force à connaître précisément chaque détail du texte, et si ce n’est pas simple, le travail effectué est vraiment bénéfique. Mais même si l’on connaît le texte de fond en comble, l’accident lors d’un concert peut toujours arriver…



17/12/08 - 19:19
C’est pour cela que je préfère composer… pas besoin de mémoriser la partition
18/12/08 - 15:53
Et moi c’est pour ça que je n’ai pas choisi d’être pianiste
)
22/12/08 - 00:18
Je pense que ici comme dans bien des domaines, les pianistes n’ont pu s’empêcher d’introduire un élément de compétition, course à la vitesse, vélocité, virtuosité, transcendance… et bien sûr mémoire…..
dans la musique de Liszt, pas forcément dans sa personnalité j’entends toujours « il n’y a que Liszt pour jouer Liszt »….
pas étonnant que ce monstre romantique du récital ait entraîné ses suiveurs à jouer de mémoire… pour voir…
et puis un jour on se souvient de la musique…. on parle musicalité, intentionnalité….
selon moi la présence de la partition ou pas est un faux problème….
la présence de la musique dans l’interprétation singulière prime tout….
ce n’est qu’une opinion. rien d’autre.
Pat.