Quand j'étais petit…28 avril 2009
Quand j’étais petit, je rêvais de piano et je rêvais d’être grand, et de savoir bien jouer. Aujourd’hui je suis grand, et je me souviens de mes pensées de petit garçon: certaines étaient justes, d’autres bien loin de la réalité.
J’avais imaginé que quand il était grand, et qu’il avait beaucoup et bien travaillé avant, le pianiste arrivait à un niveau où il suffisait de quelques heures de travail pour venir à bout de la pièce la plus difficile. Tout se faisait le plus simplement du monde. J’étais bien loin de la vérité, et j’ai compris il y a déjà quelques années, qu’au contraire de ce que je pensais alors, plus le niveau du pianiste s’élevait, plus celui-ci passait d’heures sur une œuvre, étant souvent insatisfait du résultat.
Je pensais que la vie du pianiste était une vie faite d’instabilité et de surprise permanente: j’ai plus tard expérimenté ce sentiment d’instabilité pour finalement en arriver à la conclusion que celle-ci bloque mon travail. J’ai besoin de me sentir parfaitement à l’aise pour pouvoir mener à bien ma tâche, et seul un parfait et fragile équilibre me permet de me mettre tout entier dans mon travail sans avoir à penser à autre chose.
Sur un point au moins, je ne m’étais pas trompé: la musique est toujours pour moi une amie, une confidente et jamais je n’ai regretté de lui consacrer, même offrir ma vie. Je sais que mon métier est difficile, éprouvant et contraignant, mais c’est toujours avec le même plaisir que je monte sur scène, que je fais découvrir une œuvre, que je travaille seul face à mon instrument.



28/04/09 - 14:32
ce sera toujours le grand regret de ma vie de ne pas avoir appris le piano. J’avais six ou huit ans et j’enviais mes camarades qui partaient pour leur leçon de piano et je les regardais d’un air réprobateur et envieux quand je les voyais trainer les pieds pour aller à la leçon payée par leurs parents. Mes parents pensaient qu’il s’agissait d’un caprice de ma part, peut-être que cela les arrangeait aussi de faire semblant de croire cela. Aussi quand ma fille a manifesté le désir de jouer de la flûte traversière, je l’ai tout de suite inscrite et au fur et à mesure que je découvrais ses progrès, je repensais à mon enfance. Je l’ai incitée à jouer, je lui ai acheté des partitions, qu’elle jouait avec assiduité et plaisir.
1/05/09 - 14:00
Moi aussi à huit ans j’enviais mes camarades qui apprenaient à jouer du piano ; et comme Jocelyne, j’ai essuyé un refus de mes parents parce qu’ils n’avaient pas les moyens financiers de payer ces cours. Aujourd’hui à la retraite, j’apprends à jouer de cet instrument depuis près de deux ans maintenant. Des cours hebdomadaires et des pratiques journalières me comblent de plaisir. Plus le temps passe, plus ma passion grandit pour cette façon de m’exprimer. Pourtant, combien les exercices sur les gammes, les accords, les arpèges, les cadences, sans oublier le Hanon devraient me décourager. Mais non ! Je sais que ces heures réservées à la technique portera de beaux fruits. En ce moment, j’analyse de quelle façon les arrangements sont constitués, puis j’essaie d’en réaliser de nouveaux. Pourquoi ? Parce que j’ai l’impression que j’apprends depuis le début un peu comme un perroquet ; je veux connaître maintenant les règles qui régissent la composition.
Si je pensais que cet apprentissage devait absolument aboutir à un diplôme de pianiste, je me découragerais sans doute. Quand on désire fortement jouer d’un instrument, je crois que c’est un appel assez puissant que les résultats à long terme n’ont que peu d’intérêt.
Bref, je dirais à Jocelyne qu’il n’y a pas d’âge pour apprivoiser la musique ; il faut commencer maintenant afin de ne pas avoir de regrets.