25/07/2007 |
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S'il y a une musique dont on parle peu c'est bien de celle-là. Liée à l'histoire des studios radios du début des années 50 et à une figure emblématique de la musique électronique en la personne de Pierre Schaeffer, on oublie trop souvent que la musique concrèète va influencer toute l'histoire de la musique en introduisant l'électronique dans la musique classique contemporaine.
Le terme musique concrète apparaît pour la première fois en mai 1948 dans Journal de recherche de Pierre Schaeffer. La légende veut que Pierre Schaeffer aurait, grâce un disque vynil rayé, observé la capacité de l'oreille à décontextualiser un son. L'oreille oublierait la cause de celui-ci à force de répétitions et l'écouterait pour le son qu'il est.
Le 20 juin de la même année, il présente sur Radio Paris le premier "Concert de Bruits", fruit de son travail au Studio d'Essai à la RTF. Ce concert est composé de 5 études:
Devant le plebiscite du public, l'administration française permet à Pierre Schaeffer de créer son premier studio à la RTF . En 1949, il est rejoint par une autre personnalité: Pierre Henry et c'est le 18 mars 1950 que se donne à l'école normale le premier concert de musique concrète avec au programme une des oeuvres les plus connues du duo Henry-Schaeffer: la symphonie pour un homme seul. En effet, si il était déjà apparu avant, c'est seulement en décembre 49 que Schaeffer utilise officiellement le terme "musique concrète", dans le Journal de la musique concréte publié dans Polyphonie.
L'année 1951, voit l'apparition de la dénomination du studio en GRMC Groupe de Recherche de Musique concrète mais le début des années 50 marque également la commercialisation en France des premiers magnétophones à bande. La musique concrète était auparavant enregistrée sur disques souples, ce qui coutait très cher en temps et ressources humaines. En effet, un éxécutant par platine, un qui dirige les platines et un dernier contrôlant la platine enregistrant le mixage. L'erreur n'était pas possible, car la gravure du vynil ne peut se corriger, ce qui nécessitait donc de nombreuses répétitions. La bande magnétique va libérer le GRMC du carcan vynil, grâce un support que l'on peut monter, mais également passer à l'envers!
En 1952, Schaeffer publie les premières conclusions de son expérience. La musique concrète réside alors pour lui dans l'enregistrement des sons sur une bande et le montage de ces "objets sonores" afin d'en faire des "objets musicaux".
On dénote alors un vif intérêt des compositeurs pour cette démarche dans les années 50. Messiaen se fait assister de Pierre Henry pour son oeuvre Timbres - Durées (Première œuvre à découpage spatial réalisé sur magnétophone à trois plateaux), Varèse compose en 54 Déserts, première oeuvre mélant instruments accoustiques (en l'occurence un orchestre) et bande, et en 55, malgré une réticence du compositeur lors de son premier passage au GRMC, Boulez signe sa symphonie mécanique, pour le film de Jean Mitry.
Après 3 ans d'absence, Schaeffer revient au GRMC en 58, qu'il transforme en GRM Groupe de Recherche Musicale. Pierre Henry, parallèlement, quitte le GRM et fonde alors son propre studio de musique électroacoustique: APSOME.
En 1966, après la publication de la Théorie des objets musicaux, Schaeffer quitte le GRM pour d'autres fonctions à l'ORTF. C'est alors François Bayle qui le remplacera jusque 1997, François Bayle à qui on doit l'acousmonium. C'est dans Théorie des objets musicaux de Schaeffer qu'apparaît pour la première fois le mot acousmatique "musique des sons invisibles" selon Bayle.
Il est important de noter en 1968 la création de la Classe de composition électroacoustique et de recherche musicale du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec comme professeurs Pierre Schaeffer, puis Guy Reibel.
Aujourd'hui confié à Daniel Teruggi, le GRM dans son acousmathèque créée en 1993 héberge au Studio 116 plus de 5 000 bandes dont 1 500 œuvres réalisées depuis 1948 par plus de 200 compositeurs.
Si à ses débuts la musique électronique apparaît comme franco-française, elle va rapidement se propager au monde entier. En 1953, le premier opéra concret de Pierre Schaeffer et Pierre Henry est créé à Donaueschingen : Orphée 53, première trace d'exportation à l'étranger. Ensuite Maurice Béjart va chorégraphier la symphonie pour un homme seul que les Ballets de L'étoile danseront au Théâtre de l'étoile à Paris en 1955 avant que cette chorégraphie fasse le tour du monde.
A l'étranger au début des années cinquante, des studios fleurissent un peu partout. Le studio de musique électronique de la WDR (Westdeutscher Rundfunk) à Cologne servira à Stockhausen pour son œuvre Gesang der Jünglinge en 1956. Luciano Berio et Bruno Maderna fondent en 51 ce qui, quatre ans plus tard, deviendra le studio de phonologie de la RAI (Radiotelevisione Italiana) à Milan. Dans les radios européennes, à Stockholm, à Helsinki, à Copenhague et à la B.B.C à Londres, se mettent également en place des studios dédiés à la musique électronique. Aux États-Unis, Vladimir Ussachevsky et Otto Luening débutent également en 1951 leurs travaux inauguré en 1959 sous le nom de Columbia Princeton Electronic Music Center (C.P.E.M.C.). Et il ne faut pas oublier, le studio de sonologie d'Utrecht (créé en 1961) et le studio de Stockholm (E.M.S.) qui fera des recherches d'interfaces pour musicien dans les années 70.
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Azouzi wissem dit le 05/02/2008 à 21:17: bonjour je suis étudiant dans une école de cinéma en tunisie, et ma spécialité c'est le son.et d'aprés vous quelle estla différence entre la bande sonore classique et la bande sonore faite avec la musique concrète, dans le cinéma.pourrez vous m'aider? |
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Emmanuel rondeau dit le 12/11/2007 à 12:21: Bonjour, je suis assistant realisateur sur un documentaire sur Arturo Toscanini, je suis à la recherche d'un studio d'enregistrement des années 50 en région parisienne, pourriez m'aider ? |
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